Zoom sur ... les mutilations génitales féminines (MGF)

De quoi s’agit-il ?

Les mutilations génitales féminines (MGF) sont une atteinte grave à l’intégrité physique, psychologique et sexuelle des filles et des femmes. Souvent entourées d’un lourd tabou, elles s’inscrivent dans le continuum des violences basées sur le genre.

L’Organisation mondiale de la santé les définit comme des « interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins qui sont pratiquées pour des raisons non médicales ». Il s’agit donc d’un acte non thérapeutique, qui n’a pas pour objectif de traiter une maladie sous-jacente. Il implique l’ablation ou l’endommagement délibéré de tissus génitaux sains et normaux, interférant gravement avec le fonctionnement naturel du corps de la fille ou de la femme.

Les MGF sont officiellement reconnues comme une forme de violence basée sur le genre et de violence liée à l’honneur et une violation fondamentale des droits des femmes et des enfants.

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📣 Disclaimer : le contenu de ce site a été rédigé au genre masculin afin de faciliter sa lecture et n’a aucune intention discriminatoire et s’adresse à toute personne, sans distinction de genre. Les personnes concernées par les MGF sont des filles et des femmes.

Spécificités de ce public

Oui, cela existe en Belgique

Les MGF ne sont pas un problème lointain. En Belgique, la situation est préoccupante :

  • 23.000 femmes et filles excisées vivent actuellement en Belgique.
  • Plus de 12.000 filles mineures nées en Belgique de mères excisées sont à risque de subir la même mutilation si rien n’est fait pour les protéger.

Le piège des vacances 

Le danger le plus fréquent survient lors des vacances scolaires : des filles nées et scolarisées en Belgique sont excisées lors d’un séjour dans le pays d’origine de leur famille. Ces mutilations ne sont souvent découvertes que des années plus tard, à l’âge adulte, lors d’une consultation gynécologique, ce qui empêche d’agir à temps pour protéger les autres filles de la famille.

Oui, cela concerne aussi les toutes petites filles

Les MGF sont surtout pratiquées entre 3 et 12 ans, mais elles peuvent survenir dès le plus jeune âge (chez les bébés filles), ou plus tard, à l’adolescence, avant un mariage…

Des conséquences dévastatrices

Les MGF causent des souffrances immédiates et durables : l’hémorragie est la première complication immédiate qui peut entraîner la mort. Elles peuvent entraîner des complications génito-urinaires (infections, douleurs,…) et des complications lors de l’accouchement. Sur le plan psychologique, leur impact est comparable à celui d’autres formes de violences sexuelles.

Bon à savoir

En Belgique, l’excision est un crime lourdement puni par la loi, même lorsqu’elle est pratiquée à l’étranger sur une résidente belge. 

Si un enfant vous confie des violences sexuelles (MGF ou autres), parlez-en en toute confidentialité au CPMS (Centre psycho-médico-social) ou à la direction de son école. Ils savent comment prendre le relais et accompagner l’enfant. Vous n’avez pas à mener d’enquête vous-même.

  • Le personnel de l’école a le devoir de prendre au sérieux toute suspicion ou révélation de violence sexuelle et de chercher de l’aide. Contrairement à une idée reçue, les enseignants ne sont pas tenus au secret professionnel, mais à un devoir de discrétion. Face à une suspicion ou une révélation de violence sexuelle, la loi les encourage à agir et à signaler la situation aux autorités pour protéger l’élève.
  • Les CPMS offrent un soutien gratuit et confidentiel. Présents dans les écoles, ils proposent à l’enfant un espace d’écoute sécurisant, un accompagnement psychologique, et peuvent orienter la famille vers des services spécialisés si besoin.
  • La médecine scolaire ne réalise pas d’examen systématique des organes génitaux chez les filles, et les pratiques varient d’un service PSE (Promotion de la Santé à l’École) à l’autre, voire au sein d’une même équipe. Toutefois, lors des bilans de santé de la maternelle à la 2ᵉ primaire, la plupart des médecins examinent la zone du pubis, chez les filles comme chez les garçons, pour repérer d’éventuels signes de puberté précoce (et, chez les garçons, vérifier la descente des testicules). Ensuite, cela dépend du médecin. L’examen n’a normalement lieu qu’avec l’accord de l’enfant, qui peut le refuser. Le médecin pose alors des questions plus détaillées à l’enfant sur la puberté, l’hygiène et d’éventuels troubles urinaires ou génitaux. En cas de doute, il peut orienter l’enfant vers un médecin expérimenté dans la prise en charge des mutilations génitales féminines (MGF) ou vers un CPVS (Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles).

Organismes qui travaillent sur le sujet

Une enfant est à risque de mutilations génitales féminines (MGF) ? Vous n’avez pas à porter cette situation seul. En Belgique, plusieurs services spécialisés, gratuits et confidentiels, proposent une écoute, des conseils et/ou une orientation. Référez-vous à la section « Où trouver de l’aide? » de ce site. Vous trouverez ci-dessous les organismes de terrain et structures médicales spécialisés spécifiquement sur les MGF en Belgique.

  • Le GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles) est l’association de référence sur le territoire belge. Son équipe assure la prévention de proximité auprès des communautés concernées par les MGF, informe les familles sur les risques légaux et médicaux, et offre un accompagnement social, psychologique et juridique aux filles et femmes excisées. www.gams.be Cette page s’appuie sur leur rapport Prévenir & Protéger
  • CeMAViE: Centre Médical d’Aide aux Victimes de l’Excision à Bruxelles, propose un accompagnement multidisciplinaire (médical, chirurgical, sexologique et psychologique) entièrement remboursé par la mutuelle, y compris pour les filles et les femmes en demande de protection internationale ou en séjour irrégulier. Le GAMS peut faciliter la traduction lors des consultations. Site du CHU Saint-Pierre. Pour un accompagnement en néerlandais, un centre équivalent existe à l’UZ Gent : la Vrouwenkliniek
  • Les centres de planning familial : beaucoup d’équipes de centres de planning et de maisons médicales ont été formées à l’accompagnement des filles et femmes ayant subi une excision et peuvent aussi recevoir les personnes concernées en consultation. Posez la question au centre de planning près de chez vous ou cherchez directement sur ce site en cliquant sur l’icône MGF et votre code postal https://www.we-access.eu/fr/carte
  • La plateforme nationale des Stratégies Concertées MGF centralise de nombreux outils d’information, des brochures pour les familles et des guides d’évaluation du risque pour l’entourage protecteur. www.strategiesconcertees-mgf.be