Comment réagiriez-vous si un enfant vous confiait avoir subi des violences sexuelles?

Tout adulte peut un jour être amené un jour à recevoir la confidence d’un enfant. Parent, enseignant, animateur, voisin, assistant social ou toute autre personne que l’enfant considère comme proche : vous pourriez un jour être cette personne de confiance.

Une telle confidence peut provoquer une surcharge émotionnelle (colère, peur, dégoût, incompréhension) et donner l’impression que le sol se dérobe sous vos pieds. Il est aussi possible que vous doutiez de ce que vous venez d’entendre… C’est souvent une façon de se protéger d’une réalité difficile, mais cela fragilise la confiance de l’enfant et retarde sa protection.

Quelle que soit votre réaction, vous n’êtes pas seul : la campagne #EnfantJeTeCrois vous guide pas à pas, vous aide à surmonter la sidération et vous donne des clés pour protéger l’enfant. Votre réaction peut faire toute la différence : vous êtes le premier maillon de la chaîne de protection.

Cette campagne s’adresse aux adultes, mais si vous êtes un enfant et qu’un autre enfant s’est confié à vous, parlez-en à un adulte de confiance, appelez le 103 ou tchatez sur www.103ecoute.be

📣 Le contenu de ce site a été rédigé au genre masculin afin de faciliter sa lecture et n’a aucune intention discriminatoire. Il s’adresse à toute personne, sans distinction de genre.

Comment réagiriez-vous si un enfant vous confiait avoir subi <b>des violences sexuelles</b>?

Réagir en 4 étapes

Si un enfant se confie à vous, votre rôle est d'accueillir sa parole avec bienveillance et de le croire. Voici les 4 choses à lui dire:
01.

« Je te crois et je te remercie de me faire confiance. »

Votre rôle est de recueillir la confidence de l’enfant, pas de distinguer ce qui est vrai ou faux. Validez sa parole.

À ce stade, l’enfant a besoin de savoir que sa parole est prise au sérieux, sans être mise en doute, même si cela peut être difficile pour lui d’en parler.  L’enfant ne se confie souvent qu’une fois: écoutez-le sans l’interrompre.

02.

« Rien de ce qui s'est passé n'est de ta faute. »

Les enfants se sentent très souvent coupables ou honteux de ce qu’ils ont subi, notamment à cause des manipulations ou du chantage de l’agresseur. Il est primordial d’immédiatement décharger l’enfant de cet éventuel poids en lui rappelant que la responsabilité repose uniquement sur l’auteur des faits.

03.

« Personne n’a le droit de te faire ça, c’est interdit par la loi. »

L’enfant peut penser que la situation est normale. Rappeler l’interdit l’aidera à réaliser qu’une limite inacceptable a été franchie.

04.

« On va chercher de l’aide auprès de personnes qui peuvent aider. »

Expliquez-lui, avec des mots adaptés à son âge, les actions concrètes que vous envisagez et les ressources qui existent. Proposez-les-lui en cherchant son accord plutôt qu’en les lui imposant. Notez dès que possible ce que l’enfant vous a confié, avec ses mots à lui, une fois la conversation terminée. Vous n’avez pas à porter cette situation seul : des professionnels sont là pour vous soutenir et vous conseiller.

Qu’est-ce que la violence sexuelle envers un enfant ?

Il s’agit de « tout acte à caractère sexuel ou toute tentative d’acte à caractère sexuel délibéré*, non désiré et non essentiel commis sur un enfant, y compris à des fins d’exploitation, et qui entraîne ou risque fortement d’entraîner des blessures, des douleurs ou des souffrances psychologiques. » (UNICEF, 2023) Elle peut être commise par toute personne, quelle que soit sa relation avec l’enfant, et dans n’importe quel contexte, avec contact physique (avec ou sans pénétration) ou sans (harcèlement sexuel, envoi d’images à caractère sexuel, chantage à l’image intime ou « sextorsion », sollicitation sexuelle en ligne ou « grooming »).

*On entend par “délibéré” le fait que l’acte est voulu par son auteur, peu importe s’il a voulu faire du mal ou pas.

Un enfant ne peut jamais être « consentant » face à un adulte. La responsabilité repose toujours et entièrement sur l’adulte, peu importe ce que l’enfant dit, fait ou ressent. Les violences sexuelles sur enfants sont des infractions pénales graves et punissables par la loi belge.

  • Moins de 14 ans : aucun consentement possible.
  • De 14 à 16 ans : un consentement mutuel n’est reconnu qu’entre jeunes dont l’écart d’âge ne dépasse pas 3 ans, jamais avec un adulte.
  • À partir de 16 ans : majorité sexuelle, mais protection maintenue jusqu’à 18 ans si l’auteur abuse d’une position reconnue d’autorité, de confiance ou d’influence.
  • Inceste : aucun consentement possible jusqu’à 18 ans.

💡 Elles s’accompagnent rarement de contrainte physique : l’agresseur exploite la vulnérabilité et la confiance de l’enfant, se montrant souvent attentionné, avant d’isoler l’enfant, d’instaurer un « secret », puis d’utiliser chantage ou menaces pour garantir son silence.

💡 Certains auteurs sont eux-mêmes mineurs… souvent en reproduction de violences subies ou en grande détresse. Ils ont besoin d’une prise en charge spécifique pour rompre ce cycle, sans être prématurément étiquetés comme « délinquants sexuels ».

Qu’est-ce que la violence sexuelle <b>envers un enfant ?</b>

Des conséquences qui peuvent être dévastatrices

Les violences sexuelles subies pendant l’enfance ne sont pas de simples incidents. Elles peuvent mener à des traumatismes et des conséquences graves sur la santé physique, mentale, sexuelle et sociale de l’enfant. Certaines difficultés peuvent persister à l’âge adulte, en particulier lorsque l’enfant ne reçoit pas le soutien et les soins dont il a besoin. (Organisation Mondiale de la Santé, 2026).

Elles peuvent se manifester à court terme et à long terme. Les recherches associent les violences sexuelles subies durant l’enfance à différentes difficultés possibles (liste non exhaustive) :

  • Psychologiques : anxiété, dépression, état de stress post-traumatique, honte et culpabilité intenses, idées suicidaires…
  • Physiques : douleurs chroniques, migraines, troubles gastro-intestinaux, maladies cardiovasculaires, obésité, diabète…
  • Alimentaires : troubles du comportement alimentaire…
  • Addictions : alcool, drogues, tabac…
  • Sexuels et reproductifs : grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles, douleurs gynécologiques, hypersexualité ou évitement de la sexualité…
  • Socio-économiques : difficultés scolaires et professionnelles, décrochage scolaire, isolement, précarité…

💡 Les personnes ayant subi des violences durant l’enfance présentent aussi un risque accru d’en être de nouveau victimes plus tard.

💡 L’agresseur utilise souvent la manipulation, le secret et/ou les menaces, ce qui peut amener l’enfant à se sentir responsable de ce qui lui arrive. Cette détresse psychologique et ce sentiment de honte peuvent paralyser sa capacité à demander de l’aide.

Des conséquences qui peuvent être <b>dévastatrices</b>

Comment en parler avec des mots d'enfant ?

« Il y a des parties de ton corps qui t’appartiennent à toi seul, et que personne d’autre que toi ne doit voir ou toucher, ce sont tes « parties intimes » : tes fesses, ton sexe, ta poitrine, ta bouche, et tout ce qui se trouve autour. Ce sont des trésors : personne n’a le droit de les regarder, de les toucher, de te demander de les montrer ou de te demander de toucher celles d’un autre, même un enfant ou un adulte que tu connais. Personne n’a le droit non plus de te montrer les siennes ou de t’en parler. Si quelqu’un te demande de garder ça secret, tu as le droit d’en parler quand même. Tu peux en parler à une personne en qui tu as confiance, à ton rythme. Tu peux en parler même longtemps après, et même si tu ne sais pas vraiment comment le dire. »

Comment en parler avec <b>des mots d'enfant ?</b>

Où trouver de l’aide ?

Appelez le 112 (numéro d’appel d’urgence) si l’enfant a besoin d’une aide médicale urgente, si quelqu’un est blessé, inconscient ou en danger grave.

Attention : recevoir la révélation d’un enfant victime de violences sexuelles est bouleversant et incite souvent à agir dans l’urgence. Cependant, agir trop vite peut braquer l’enfant et s’avérer contre-productif. Si l’enfant n’est pas en danger imminent, prenez le temps de l’écouter, de le croire et de demander conseil à un service spécialisé.

Appelez le numéro 103 ou tchattez avec eux via www.103ecoute.be

Le 103 est un service d’écoute gratuit et anonyme, accessible de 10h à minuit tous les jours pour les enfants et leur entourage. Ses professionnels vous écoutent, vous soutiennent et vous orientent.

L’anonymat peut exceptionnellement être levé dans des conditions spécifiques: selon le niveau de danger, seulement si vous êtes d’accord et/ou dans l’impossibilité totale d’agir vous-même.

Attention : le 103 est un service d’écoute et d’orientation. Les intervenants ne se déplaceront pas et ne préviendront ni la police ni un juge. Ils vous expliqueront comment contacter les services habilités à intervenir.

Services publics

  • Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) : les violences sexuelles sur l’enfant ont eu lieu il y a moins d’un mois ou vous ne savez pas quand elles ont eu lieu ? Les CPVS proposent un accompagnement médical, médico-légal, psychologique et social. Il en existe 10 en Belgique en 2026 et il y en aura 13 en 2027. Ces centres sont ouverts 24h/24 et 7jours/7 : www.cpvs.belgium.be
  • Les équipes SOS Enfants : vous êtes inquiet que l’enfant ait vécu des violences sexuelles ? Les équipes SOS Enfants analysent la situation et peuvent proposer une prise en charge. Elles ont pour mission de prévenir et traiter les situations de maltraitance envers les enfants. 15 équipes sont agréées au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles  : Les équipes SOS Enfants – Professionnel – Office de la naissance et de l’enfance Il existe également un tchat www.maintenantjenparle.be, dédié aux victimes mineures de violences sexuelles et à leur entourage.
  • Lawyers Victims Assistance : vous vous interrogez sur les démarches judiciaires ? Ce dispositif permet d’être accompagné, dès les premières démarches, par un avocat formé à ces questions. www.barreaubruxelles.be

Services associatifs

  • SOS Viol : vous avez besoin d’être écouté, informé, orienté ? Le numéro vert 080098100 et le tchat de SOS Viol proposent une aide spécialisée, gratuite, anonyme et confidentielle pour toute personne concernée par la violence sexuelle, victimes et entourage. Le service propose également des consultations psychologiques et un accompagnement social. www.sosviol.be
  • SOS Inceste : les violences ont lieu, ou pourraient avoir lieu, dans le cadre familial ? SOS Inceste accompagne les victimes dès 15 ans et leur entourage. www.platformbxl.brussels/fr/repertoire/sos-inceste-belgique
  • Brise le silence : cette confidence vous bouleverse ? Brise le silence écoute et accompagne les victimes de violences sexuelles mais aussi leurs proches (professionnels ou privés) www.briselesilence.be
  • GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles) : l’enfant risque de subir, ou a subi, une mutilation génitale féminine (MGF) comme l’excision ? Le GAMS accueille et accompagne les personnes concernées par ces pratiques (accompagnement psychologique, juridique et social). L’association dialogue avec les familles concernées et les sensibilise. Elle forme aussi les professionnels, notamment au sujet de la loi belge qui interdit et punit les MGF. www.gams.be
  • Child Focus, la Fondation pour les Enfants Disparus et Sexuellement Exploités, offre information, soutien et orientation aux enfants, aux familles et aux citoyens confrontés à une situation de disparition ou d’exploitation sexuelle (en ligne ou hors ligne) impliquant un mineur. Son équipe est disponible 24h/24 et 7j/7 via le numéro gratuit 116 000. www.childfocus.be

➡️Ces services ont des missions différentes et complémentaires
Si vous contactez le premier service qui vous semble accessible, les professionnels pourront vous écouter, vous donner les premières informations et vous orienter vers une autre aide si celle-ci est plus adaptée.

ℹ️ Vous trouverez aussi des services spécialisés sur des sous-thématiques précises dans la partie « Zoom sur… »

  • Le Service d’Écoute et d’Orientation Spécialisé (SéoS), propose une ligne téléphonique, un chat, et un mail gratuits et anonymes. C’est un service d’écoute, d’information et d’orientation destiné à toute personne qui se questionne sur les limites de la sexualité, le consentement, des comportements sexuels potentiellement inadéquats ou des fantasmes préoccupants. Le service s’adresse aussi aux proches et aux professionnels confrontés à ces questions. https://seos.be/
  • Stop it now propose une ligne téléphonique et un chat, gratuits et anonymes. Ce dispositif de prévention s’adresse aux personnes préoccupées par des attirances, pensées ou comportements sexuels impliquant des enfants (moins de 18 ans). Il vise à prévenir les violences sexuelles et les éventuels passages à l’acte. Il s’adresse aussi aux proches qui s’inquiètent du comportement d’une personne et aux professionnels en recherche d’information ou d’orientation.  https://stopitnow.brussels/

 

Idées reçues à déconstruire

Beaucoup de réflexes qui empêchent de croire ou d'aider un enfant viennent d'idées reçues, largement démenties par les faits.
Voici quelques-unes des plus courantes, pour apprendre à les repérer et savoir comment y répondre.

C’est l’un des préjugés les plus répandus : sous prétexte d’imagination débordante ou de besoin d’attention, la parole d’un enfant est souvent mise en doute.

En réalité, les fausses allégations sont très rares (2 à 6% selon les études, voir la section “Ce que disent les chiffres”) et ne viennent presque jamais de l’enfant lui-même, mais d’un adulte de son entourage. Les violences ne relèvent pas non plus d’une « mauvaise interprétation » d’un geste. Elles s’inscrivent dans un rapport de pouvoir que l’enfant ne maîtrise pas, et les révéler demande à l’enfant un courage immense.

Croire l’enfant doit être votre réflexe, ne serait-ce que par précaution : mieux vaut qu’un adulte soit interrogé à tort que de laisser un enfant continuer à subir des violences.

En réalité, la plupart des enfants victimes se taisent longtemps, par peur, par honte, par dépendance envers l’agresseur, ou même par amnésie traumatique (un mécanisme de défense durant lequel le cerveau occulte temporairement le souvenir pour survivre au choc). C’est ce qu’on appelle le « chiffre noir » : ces violences vécues en silence, parfois jusqu’à l’âge adulte. Un enfant commence souvent par dire juste une partie de ce qui lui est arrivé avant d’oser en dire plus.

Votre première réaction peut tout changer.

En réalité, les violences sexuelles touchent des enfants de tous les milieux sociaux, toutes origines et toutes situations familiales confondues. Certains facteurs, comme un handicap, un parcours migratoire, ou un placement en institution, augmentent la vulnérabilité, mais aucun enfant n’est à l’abri.

C’est un problème de société qui exige la vigilance de chaque adulte, quel que soit son milieu.

Ce préjugé repose sur le mythe de l’agresseur inconnu rôdant dans l’ombre de l’espace public ou dans une camionnette blanche.

En réalité, l’auteur est le plus souvent un proche de la victime (par exemple un ami ou un membre de la famille) qui utilise justement cette confiance pour isoler l’enfant et s’assurer son silence.

Ce climat de proximité rend la confidence extrêmement douloureuse pour l’enfant, qui peut craindre de faire du mal à l’auteur et à son entourage en disant ce qu’il s’est passé.

En tant qu’adulte confident, dépassez votre éventuel “conflit de loyauté” pour vous concentrer sur la protection de l’enfant.

En réalité, si personne ne réagit, l’agresseur peut continuer sans être inquiété. Ne rien faire n’est pas neutre: cela laisse l’enfant en danger. À l’inverse, réagir correctement peut tout changer : cela permet à des professionnels formés d’intervenir, de protéger l’enfant, et de l’aider à s’en sortir.

Vous n’avez pas à gérer ça seul. Des services spécialisés existent pour vous conseiller et vous accompagner (voir « Où trouver de l’aide ? »). Dites à l’enfant qu’il a bien fait de vous en parler, et expliquez-lui simplement que vous devez en parler à des personnes dont le rôle est de le protéger.

Ce préjugé est renforcé par des représentations sexistes dans la société et mène à une hypersexualisation de l’enfant. Il consiste à transférer la culpabilité sur la victime pour décharger l’auteur.

En réalité, un enfant ne peut jamais être « consentant » face à un adulte, quel que soit son comportement. En dessous de 14 ans, aucun consentement n’est possible ; en cas d’inceste, jamais non plus, quel que soit l’âge.

La responsabilité repose entièrement sur l’adulte, qui abuse de sa position de pouvoir. Si l’enfant a intégré ce préjugé, rappelez-lui clairement : « ce n’est pas de ta faute, tu n’y es pour rien. »

En cas de violences sexuelles entre enfants, il peut être tentant de  qualifier cela de « jeu » ou de « bêtise » pour éviter d’alarmer l’entourage, d’entrer en conflit avec d’autres parents, ou d’étiqueter un jeune comme agresseur sexuel.

En réalité, s’il existe une sexualité exploratoire normale à chaque âge, elle doit être distinguée de comportements transgressifs ou forcés. Une partie des violences sexuelles sur mineurs sont commises par d’autres mineurs, souvent des jeunes qui reproduisent ce qu’ils ont eux-mêmes subi.

Accueillez la parole de l’enfant victime avec le même sérieux que s’il s’agissait d’un adulte. Faites appel à une équipe spécialisée qui saura évaluer la situation et proposer un accompagnement adapté à chacun des enfants (voir « Où trouver de l’aide ? »)

Ce que disent les chiffres

Les violences sexuelles sur les enfants restent taboues, et une grande partie reste invisible. C'est le "chiffre noir" : ces violences jamais révélées par peur, honte, ou oubli (amnésie traumatique). Publier des chiffres reste essentiel pour briser le déni social. C’est pour protéger chaque enfant derrière ces chiffres que votre rôle compte tant.

1 enfant
sur 5

subit des violences sexuelles avant 18 ans dans le monde : 👧 1 fille sur 5 et 👦 1 garçon sur 6. (source)

9% de la population belge

déclare avoir vécu l’inceste durant son enfance : 👧1 fille sur 8, et 👦 1 garçon sur 16. Ce chiffre de 9% inclut les cousins/cousines comme auteurs, non considérés dans la définition du Code pénal. (source)

94 à 98%

des révélations en matière d’agressions sexuelles sur enfants sont fondées. Les fausses allégations sont très rares (2% à 6%) et elles ne viennent presque jamais de l’enfant, mais d’un adulte de l’entourage. (source 1, source 2)

Près d'1 enfant
sur 2

victime d’inceste garde le silence toute sa vie (40 % exactement). (source)

Plus de 3 personnes sur 10

qui se présentent dans un Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) en Belgique sont des enfants (31,9%) (source)

Près de 3 fois plus

de risques pour un enfant en situation de handicap d’être victime de violences sexuelles par rapport à un enfant sans handicap (2,9 fois). (source)

Témoignages

Ces témoignages ont été partagés anonymement par des personnes qui ont été confidentes d'un enfant victime de violences sexuelles et des professionnels qui les ont soutenus. Ils montrent que vous n’êtes pas seul, et que malgré les difficultés, il est possible d'agir.

⚠️Attention : certains passages sont difficiles. Lisez-les à votre rythme ou passez cette section.

Ma filleule avait 4 ans. Je l'ai crue, et je n'ai rien lâché.

Ma filleule de 4 ans m'a confié que son parrain l'avait touchée. J'étais folle de colère, mais j'ai gardé mon calme et j'ai soutenu sa maman pour porter plainte, malgré les menaces reçues. Le dossier est resté bloqué longtemps... jusqu'à ce qu'un ami juriste nous aide.

J’étais aide familiale, je n'étais pas de la famille… et pourtant, j’ai fait bouger les choses.

Je travaillais comme aide familiale, et j'ai découvert que les enfants de ma bénéficiaire vivaient des violences sexuelles. Mon assistante sociale m'a dit qu'on ne pouvait rien faire… Mais je ne pouvais pas m’y résigner : j’ai appelé les services compétents. Un des enfants a pu être protégé. Je n’étais pas de la famille, et pourtant j’ai fait bouger les choses. Si un enfant vous parle, croyez-le.

J’avais 22 ans, je débutais en tant qu’éducatrice. J'ai cru deux adolescentes. Mes collègues m'ont traitée de naïve.

J'avais 22 ans, je débutais en tant qu’éducatrice. Deux adolescentes de 16 et 17 ans revenaient d'une fugue et m’ont confié avoir été agressées sexuellement. Une collègue m'a dit de ne pas les croire. Je les ai emmenées au commissariat quand même. Le lundi suivant, en réunion, mes collègues se sont moqués de moi et m'ont traitée de naïve. Aujourd'hui, je suis devenue psychologue et je le redis : il n'existe pas de profil-type de victime. Si un enfant se confie à vous, écoutez-le et croyez-le.

Une élève de 17 ans m'a confié un viol. Elle voulait juste être entendue.

Une élève est venue me voir à la récréation. Elle m'a raconté avoir été violée lors d'une soirée. J'avais très peur de mal réagir. Je lui ai dit que je la croyais, et je lui ai demandé ce qu'elle attendait de moi. Elle m'a répondu : “juste que vous m’écoutiez et me croyiez”. J'ai cherché des contacts utiles auprès de collègues, je lui ai transmis, et je lui ai dit qu'elle pouvait revenir vers moi si besoin.

Quelques jours avant Noël, notre fille a révélé l'inceste de son grand-père. On était sous le choc… On a mis du temps à réagir.

À l'approche de Noël, ma fille nous a révélé les gestes de son grand-père. Sous le choc, nous avons d'abord maladroitement minimisé… ce que je regrette aujourd'hui. Un psychologue nous a aidés à passer à un “je te crois” inconditionnel, sans réserve. Ce soutien a été essentiel pour retrouver le lien avec notre fille. Vous aussi, faites-vous aider. Vous n’êtes pas seul.

Mon petit-enfant m'a confié son secret.

J’ai le bonheur d’être grand-père. Un samedi, mon petit-enfant m'a confié son “secret”. J'étais pétrifié. Comme sa maman arrivait, mon petit-enfant s'est tu et j'ai respecté son silence. Le lundi suivant, l'enfant en a parlé à sa maman et j'ai pu confirmer ce qu'il m'avait confié le samedi. Mon conseil: tout écrire, ne jamais lâcher, contacter des associations d’aide. Vous n’êtes pas seul face à cette horreur.

N. s'est confié à moi lors d'un week-end scout.

Lors d'un week-end scout, N. s'est confié à moi une nuit où il n'arrivait pas à dormir. J'étais dévastée pour lui, mais soulagée qu'il en parle. Je savais que le système belge ne protège pas toujours bien les enfants qui se confient, alors j'ai contacté des personnes de confiance pour réfléchir ensemble à la meilleure voie à prendre. Croyez les enfants immédiatement et ayez le courage d'aller jusqu'au bout.

Zoom sur ...

Tous les enfants peuvent être victimes de violences sexuelles, quel que soit leur milieu social, leur origine ou leur situation familiale. Cependant, certaines caractéristiques peuvent mener à une vulnérabilité accrue qui nécessite une attention particulière.

L’inceste

L’exploitation sexuelle

Les mutilations génitales féminines (MGF)

Enfants en situation de handicap

Enfants en migration

Enfants LGBTQIA+

Enfants dans le sport

Enfants pris en charge hors de leur milieu familial

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