Zoom sur ... enfants dans le sport

De quoi s’agit-il ?

Le sport est un formidable vecteur d’épanouissement, de santé et de dépassement de soi pour les enfants. Ils ont le droit de jouer et de pratiquer des activités sportives, essentielles pour leur santé, leur bien-être et leur développement. Ils doivent pouvoir faire du sport dans un environnement sans violence (article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant), bienveillant, sûr, inclusif et qui prend en compte les spécificités de chaque enfant.

Pour autant, les milieux sportifs, qu’ils soient de loisir ou de compétition, ne sont pas épargnés par les violences. Longtemps occultée par la loi du silence, la réalité des violences, notamment sexuelles, dans les clubs de sport, est documentée et appelle à une vigilance accrue. 

Les violences peuvent prendre plusieurs formes et se cumuler : violences verbales et psychologiques, violences physiques, négligence et violences sexuelles, avec ou sans contact.

Spécificités de ce public

La structure du fonctionnement sportif présente des zones de risques spécifiques que les auteurs de violences (sexuelles et autres) utilisent :

  • La proximité et la confiance : dans la grande majorité des cas, l’enfant connaît son agresseur. Il s’agit majoritairement d’un coéquipier ou d’un adulte responsable des entraînements. Les agresseurs totalement inconnus de l’enfant sont extrêmement rares.
  • L’asymétrie de pouvoir et d’emprise : le statut de l’entraîneur (coach) combine autorité technique, prestige social et investissement affectif. Cette position favorise une obéissance stricte, une culture de la soumission et une tolérance anormale à la douleur physique (souvent valorisée à tort comme un passage obligatoire vers le succès).
  • Les auteurs des violences : dans la grande majorité des cas, l’enfant connaît son agresseur. Les comportements et actes violents proviennent majoritairement d’un coéquipier ou de l’adulte responsable des entraînements.
  • Les zones d’exposition physique : les vestiaires, les douches et les salles de soins sont des espaces de vulnérabilité où le corps est exposé. Par ailleurs, les déplacements extérieurs (covoiturage, stages, nuitées en logement extérieur…) multiplient les situations de promiscuité hors de la vue des parents.

Bon à savoir

Les risques de violences s’accroissent considérablement selon les profils des enfants victimes.

  • En Fédération Wallonie-Bruxelles, 1 adulte sur 4 (25,4 %) a vécu au moins une violence sexuelle avec contact lors d’activités sportives, et 4 adultes sur 10 (40,6 %) ont vécu une violence sexuelle sans contact. Ces adultes ont déclaré des faits survenus durant leur enfance, dans le cadre d’activités sportives.
  • Niveau de compétition : l’exposition aux violences augmente de manière graduelle avec le niveau de compétition. Les athlètes de haut niveau rapportent environ 1,5 fois plus de violences sexuelles que ceux pratiquant uniquement en loisir.
  • Handicap : les enfants pratiquant un sport en situation de handicap déclarent plus du triple d’expériences de négligence et de violences sexuelles par rapport aux athlètes valides.
  • Les jeunes athlètes LGBTQIA+ rapportent 1,5 à 2 fois plus de violences que les autres.
  • Les répondant·es appartenant à un groupe ethnique minoritaire sont 2 à 3 fois plus touchés, selon le type de violence.

Ces constats sont issus de l’enquête CASES : la maltraitance des enfants dans le sport – statistiques européennes, publiée en 2021, sur base des réponses de 1472 adultes quant à leur pratique du sport en Fédération Wallonie-Bruxelles avant leur 18 ans.

Organismes qui travaillent sur le sujet

Un enfant vous confie être victime des violences sexuelles ? Vous n’avez pas à porter cette situation seul. En Belgique, plusieurs services spécialisés, gratuits et confidentiels, proposent une écoute, des conseils et/ou une orientation (voir “Où trouver de l’aide?). Vous trouverez ci-dessous les organismes de référence et les outils disponibles pour prévenir et agir face aux violences dans le milieu sportif.

  • Personnes-relais en matière d’éthique sportive (ADEPS) : chaque fédération et chaque club doit avoir identifié un référent éthique (pour les fédérations et associations sportives) ou un délégué éthique (pour les clubs), formé par l’ADEPS pour accueillir les signalements de violence et orienter correctement.
  • La plateforme www.tupeuxledire.be permet de télécharger gratuitement des fiches d’aide à la décision face à une suspicion, des guides de sensibilisation pratiques et une vidéo adaptée aux enfants.
  • Yapaka, programme de prévention de la maltraitance de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le site www.yapaka.be propose des guides d’accompagnement, des fiches réflexes thématiques pour les adultes face à un doute, une cartographie interactive pour localiser les services d’aide spécialisés (pas uniquement dans le secteur du sport), et un espace formation pour les professionnels du sport.