Zoom sur ... les enfants LGBTQIA+
De quoi s'agit-il ?
Le sigle LGBTQIA+ (lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexe, asexuel, agenre, non binaire, pansexuel, queer…) regroupe une diversité d’orientations sexuelles ou amoureuses, d’identités de genre (expérience intime du genre), d’expressions de genre (manifestation extérieure) et de caractéristiques sexuées (le sexe biologique), des notions souvent confondues. Ces réalités se situent en dehors des normes dominantes que sont l’hétéronormativité et la cisnormativité. Réunies sous un même sigle, ces minorités peuvent trouver une force de solidarité collective, tout en vivant, chacune, des réalités bien spécifiques.
Comme tout enfant, un enfant LGBTQIA+ a le droit de grandir en sécurité et dans le respect de sa dignité, un droit garanti à chacun par l’article 19 de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui protège contre toutes formes de violences, y compris celles liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Pourtant, de nombreux jeunes LGBTQIA+ restent confrontés à des violences parfois banalisées.
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📣 Disclaimer : le contenu de ce site a été rédigé au genre masculin afin de faciliter sa lecture et n’a aucune intention discriminatoire et s’adresse à toute personne, sans distinction de genre.
Spécificités de ce public
Les enfants LGBTQIA+ font face à des vulnérabilités particulières, liées à leur jeune âge et à leur développement. (source)
- À l’école et dans les milieux d’accueil, les propos et comportements homophobes ou discriminants restent fréquents : harcèlement, insultes, coming-out forcé, exclusion… avec, dans les cas les plus graves, un risque accru de (tentative de) suicide.
- Dans la famille, le rejet, les menaces d’expulsion du domicile, les violences verbales, psychologiques ou parfois physiques suite à un coming-out peuvent transformer le foyer en espace d’insécurité. Certains jeunes subissent des pressions intenses.
- Dans l’Aide à la Jeunesse, l’organisation encore très genrée de nombreuses structures (chambres, douches, activités étiquetées « filles »/« garçons ») peut placer les jeunes trans* et non-binaires dans des situations particulièrement inconfortables, d’autant que le secteur manque encore de formation à ces réalités.
- Les enfants intersexes, dont les caractéristiques sexuées ne correspondent pas aux catégories binaires habituelles, restent largement invisibilisés. Cette invisibilisation a longtemps ouvert la voie à des chirurgies normalisatrices non consenties dès la petite enfance.
- L’intersectionnalité des discriminations : un enfant cumulant plusieurs facteurs (par exemple: origine, situation administrative précaire, travail du sexe…) peut subir des violences combinées : racisme, homophobie, sexisme.
ℹ️ La majorité des études qui donnent lieu à ces conclusions portent sur la population LGBTQIA+ en général, pas spécifiquement sur les enfants.
Bon à savoir
- Parmi les signalements de violences LGBTQIA+phobes recueillis par RainbowHouse Brussels, seule une minorité donne lieu à un dépôt de plainte à la police. Cette réticence s’explique par la méfiance envers les autorités, le sentiment d’inutilité face aux classements sans suite fréquents, et la peur de l’outing (que l’orientation ou l’identité de genre soit révélée à la famille en portant plainte) (source)
- La loi « transgenre » de 2017 permet le changement de prénom dès 12 ans et la modification du genre à l’état civil à partir de 16 ans, mais uniquement avec l’accord des parents et une attestation de pédopsychiatre. Ces exigences peuvent compliquer la reconnaissance de l’identité de genre des jeunes trans* et non-binaires. (source)
Un enfant LGBTQIA+ vous confie vivre des violences sexuelles ? Vous n’avez pas à porter cette situation seul. Référez-vous à la section « Où trouver de l’aide ? » de ce site pour l’aide générale. Voici les organismes spécialisés pour ce public :
- Transkids : association belge dédiée aux enfants et jeunes transgenres de 0 à 20 ans ainsi qu’à leurs proches. Contactez-les pour un accompagnement, des informations, ou pour faire valoir les droits de l’enfant. Leur site
- Les Maisons Arc-en-Ciel : présentes dans plusieurs villes belges francophones, ce sont des espaces d’accueil, de sensibilisation et d’accompagnement local. Certaines proposent des pôles spécifiquement dédiés aux jeunes.
- Pixiels (Fédération des Jeunes Queer de Belgique) fédère des groupes de jeunes LGBTQIA+ (de 12, 16 ou 18 ans jusque 30 ans) qui proposent des espaces de rencontre, d’expression et de soutien collectif à travers diverses activités en Fédération Wallonie-Bruxelles. www.pixiels.be
- Genres Pluriels : structure d’accueil, de soutien et de formation dédiée aux personnes trans* et intersexes. www.genrespluriels.be
- Crible : organisation de jeunesse labellisée EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle), dédiée à la déconstruction des stéréotypes de genre et LGBTQIA+. www.cribleasbl.be
- Tels Quels : accompagnement psycho-social et lutte contre l’exclusion des minorités sexuelles et de genre, tous âges confondus (formation, documentation, animation). www.telsquels.be
- Mosaiq : plateforme centralisant les informations pour les personnes LGBTQIA+ victimes de discrimination, harcèlement ou violence en Belgique francophone. www.projet-mosaiq.be
- Centre S (Liège) : centre de santé sexuelle offrant consultations et accompagnement médical, psycho-sexologique et social, avec une attention spécifique aux jeunes trans*. www.centre-s.be
- La CODE (Coordination des ONG pour les droits de l’enfant) : réseau d’associations qui veille à l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant en Belgique, principalement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle mène des actions d’étude, d’information, d’éducation et de plaidoyer en faveur de tous les enfants, et a notamment publié des analyses sur les enfants trans* et intersexes. Elle n’offre pas d’accompagnement direct. www.lacode.be