Conseils : attitudes à éviter
Si un enfant vous confie qu’il a vécu de la violence, votre réaction compte beaucoup. Il ne sait pas encore si vous allez le croire, le soutenir, lui en vouloir… Souvent, il commence par dire juste une partie de ce qui lui est arrivé pour voir comment vous réagissez, avant d’en dire plus s’il se sent en sécurité avec vous. Bien réagir, ça protège l’enfant, et ça aide aussi, si une enquête a lieu plus tard. Certaines réactions peuvent aggraver le traumatisme de l’enfant, lui faire perdre confiance en les adultes, et le décourager de parler et/ou de porter plainte. Voici ce qu’il vaut mieux éviter :
Ne montrez pas de choc ou de dégoût. L’enfant a besoin d’un adulte calme, sur qui il peut compter à ce moment-là.
Ne lui coupez pas la parole et ne parlez pas à sa place. Laissez-le s’exprimer avec ses propres mots, à son rythme, sans combler les silences.
Évitez les mots qui peuvent l’effrayer, comme « viol », « inceste » ou « agression ».
Ne jugez pas, ne doutez pas, ne commentez pas. Ne remettez pas en question ce qu’il dit (« tu es sûr que c’était ton oncle ? »), n’interprétez pas, et ne montrez pas votre désapprobation envers la personne désignée. Elle peut être quelqu’un que l’enfant aime, même si elle lui a fait du mal. Évitez aussi les phrases comme « comment as-tu pu le laisser faire ça ? » ou « pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant ? », qui peuvent le faire culpabiliser.
Posez des questions ouvertes, pas orientées. Évitez « est-ce qu’il t’a touché ? » ou « c’est bien lui qui a fait ça ? ». Votre rôle n’est pas d’enquêter, mais de recueillir la parole de l’enfant.
Ne décidez pas à sa place. Respectez son rythme et sa place, en tenant compte de son âge et de sa maturité, c’est-à-dire sa capacité à comprendre ce qui lui arrive et à faire ses choix.
Ne lui faites pas peur. Évitez les phrases comme « c’est très grave » ou « il va aller en prison » ; l’enfant porte déjà beaucoup.
Ne le forcez pas à parler, dévoiler ou montrer quelque chose s’il n’est pas prêt.
Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir. Évitez de promettre que tout restera secret ; lorsqu’un enfant est en danger, certaines informations doivent pouvoir être transmises aux personnes capables de le protéger; expliquez-lui.
N’agissez pas trop vite. Recevoir une telle confidence est bouleversant, et peut donner l’impression qu’il faut réagir dans l’instant, mais brusquer l’enfant peut être contre-productif. S’il n’est pas en danger immédiat, prenez le temps de l’écouter, de le croire, et de demander conseil à un service spécialisé (voir “Où trouver de l’aide?”).