Zoom sur ... les enfants en migration

De quoi s'agit-il ?

Les enfants en situation de migration, et en particulier les mineurs non accompagnés (MNA), courent un risque accru de violences, notamment sexuelles, d’exploitation et de traite des êtres humains, que ce soit durant leur parcours migratoire ou une fois arrivés en Belgique. (source) Un même enfant peut cumuler plusieurs formes d’exploitation : exploitation sexuelle, travail forcé, mendicité forcée, contrainte à commettre des infractions, ou encore implication dans des réseaux criminels.

Spécificités de ce public

Plusieurs facteurs combinés expliquent cette vulnérabilité accrue:

  • Vulnérabilité psychologique : les violences vécues, le déracinement, le deuil, la séparation familiale et l’incertitude peuvent fragiliser la confiance de l’enfant et sa capacité à demander de l’aide et à réagir face à une situation dangereuse.
  • Défiance envers les autorités : après avoir vécu des violences commises par des représentants de l’autorité, dans leur pays d’origine et/ou pendant l’exil, certains enfants craignent la police, les services sociaux ou toute figure institutionnelle.
  • Barrières linguistiques et culturelles : ne pas maîtriser la langue ni les codes locaux limite la capacité de l’enfant à connaître ses droits, à reconnaître une situation de violence et à la signaler.
  • Rupture des liens de protection : séparés de leurs parents, les MNA perdent leur premier filet de sécurité. La Belgique prévoit la désignation d’un tuteur, mais cette procédure prend du temps à se mettre en place… et un tuteur, aussi présent soit-il, ne remplace pas une présence parentale quotidienne, physique et affective.
  • Précarité administrative et dépendance : l’incertitude liée au statut de séjour peut placer l’enfant dans une relation de dépendance vis-à-vis d’adultes ou de structures d’accueil, une situation que des personnes peuvent exploiter.
  • Précarité économique : le manque de ressources, parfois aggravé par des dettes contractées pour financer le trajet migratoire ou par l’envoi d’argent à la famille restée au pays, peut placer l’enfant en situation de survie. Des personnes en profitent alors pour proposer de l’argent facile ou un hébergement en échange de « services », exposant l’enfant à l’exploitation, y compris sexuelle.
  • Instabilité de l’hébergement : changements fréquents de lieux de vie, fugues, hébergement précaire, promiscuité, ruptures de suivi : autant de facteurs qui augmentent le risque de disparition, d’exploitation et de perte de contact avec les services de protection.

ℹ️Tous les enfants en situation de migration ne sont pas victimes et leurs besoins diffèrent d’un cas à l’autre. Ces éléments appellent avant tout à une vigilance particulière des adultes, sans stigmatiser les jeunes concernés ni présumer de leur vécu.

Bon à savoir

Comment accueillir la parole de l’enfant ?

Référez-vous aux sections “attitudes à favoriser” et “attitudes à éviter” de ce site.

3 conseils spécifiques 

  • Désamorcez la peur de l’expulsion et de la police. Ces enfants ont souvent subi des violences de la part d’autorités, dans leur pays d’origine ou pendant l’exil, d’où une profonde défiance. Rassurez-le d’emblée : expliquez que les psychologues, médecins et assistants sociaux en Belgique travaillent indépendamment de la police des frontières et de l’Office des Étrangers, et que le seul objectif est leur sécurité.
  • Si l’enfant est mineur étranger non accompagné (MNA), collaborez avec son tuteur légal. En Belgique, chaque mineur étranger non accompagné se voit désigner un tuteur, interlocuteur légal incontournable pour coordonner sa mise en sécurité et son accès aux soins.
  • Réagissez vite en cas de danger, de disparition ou de soupçon d’exploitation. Les enfants en situation de migration sont particulièrement exposés au risque d’exploitation, notamment sexuelle. Si l’enfant cesse de se rendre à l’école ou disparaît de son lieu d’hébergement, alertez immédiatement la police et Child Focus. >> Pour en savoir plus, référez-vous à la page “Zoom sur… l’exploitation sexuelle”

Organismes qui travaillent sur le sujet

Un enfant en migration vous a confié être victime de violences sexuelles ? Vous n’avez pas à porter cette situation seul. En Belgique, plusieurs services spécialisés, gratuits et confidentiels, proposent une écoute, des conseils et/ou une orientation. Référez-vous à la section “Où trouver de l’aide?” de ce site. Vous trouverez ci-dessous les organismes spécialisés.

  • Medimmigrant, association de terrain qui conseille, oriente et défend l’accès effectif aux soins médicaux et à l’aide médicale urgente pour toutes les personnes migrantes, avec ou sans titre de séjour. www.medimmigrant.be/fr 
  • Le Service des Tutelles identifie les MNA et leur désigne un tuteur. À contacter lorsqu’aucun tuteur n’a encore été désigné, qu’il est injoignable, ou qu’un problème touche la protection, l’accueil ou la représentation du jeune. Site
  • Child Focus, la Fondation pour les Enfants Disparus et Sexuellement Exploités, offre information, soutien et orientation aux enfants, aux familles et aux citoyens confrontés à une situation de disparition ou d’exploitation sexuelle (en ligne ou hors ligne) impliquant un mineur. Son équipe est disponible 24h/24 et 7j/7 via le numéro gratuit 116 000. www.childfocus.be/fr-be/
  • Myria (Centre fédéral de migration) est l’institution publique indépendante qui veille aux droits fondamentaux des personnes étrangères et suit la lutte contre la traite des êtres humains. Utile pour obtenir une information indépendante sur les droits des personnes étrangères, comprendre les procédures liées au séjour ou à la traite, signaler une difficulté structurelle, ou orienter un professionnel face à une situation complexe. Attention, ce n’est pas un service d’urgence. www.myria.be/fr